L’Ordre de la Toison d’or

L’Ordre de la Toison d’or est un ordre de chevalerie fondé à Bruges le 10 janvier 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Depuis le début du XVIIIᵉ siècle, il se partage en deux branches : une branche autrichienne, ordre dynastique catholique, et une branche espagnole, plus haute distinction de la Couronne d’Espagne.

La fondation coïncide avec le mariage du duc et d’Isabelle de Portugal. Philippe place l’Ordre sous le patronage de saint André, patron de la Bourgogne, fêté le 30 novembre, et le dédie aussi à la Vierge.

Le trésor et les archives de la branche autrichienne sont aujourd’hui conservés au Trésor impérial de Vienne.

Portrait de Charles le Téméraire vêtu de sombre, la toison d’or suspendue à une chaîne sur la poitrine.
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, portant la toison. Rogier van der Weyden, vers 1460. Berlin, Gemäldegalerie.Image : Gemäldegalerie, Berlin, public domain

Chronologie, 1430–2030

  1. 1430 Fondation à Bruges

    Le 10 janvier, Philippe le Bon, duc de Bourgogne, fonde l’Ordre lors de son mariage avec Isabelle de Portugal.

  2. 1431 Le premier chapitre à Lille

    Les chevaliers se réunissent pour la première fois à Lille, vers la Saint-André. L’Ordre compte alors 24 chevaliers, outre le souverain.

  3. 1433 Trente chevaliers

    Le nombre des chevaliers est porté à trente.

  4. 1473 Les statuts et l’armorial

    Le manuscrit enluminé des statuts et de l’armorial, aujourd’hui conservé à La Haye, date de cette année.

  5. 1477 De la Bourgogne aux Habsbourg

    Charles le Téméraire meurt. Maximilien de Habsbourg, époux de Marie de Bourgogne, devient souverain de l’Ordre.

  6. 1491 Le chapitre de Malines

    Vingt-neuf panneaux armoriés réalisés pour ce chapitre subsistent en la cathédrale Saint-Rombaut de Malines.

  7. 1516 Cinquante chevaliers

    Charles Quint porte à cinquante le nombre des chevaliers, outre le souverain. Après lui, la souveraineté de l’Ordre revient aux rois d’Espagne.

  8. 1700 Une succession disputée

    Charles II d’Espagne meurt sans descendance. Philippe V de Bourbon et l’archiduc Charles d’Autriche revendiquent tous deux la souveraineté de l’Ordre.

  9. 1701–1714 Deux branches

    Avec la guerre de Succession d’Espagne, l’Ordre se scinde en une branche espagnole et une branche autrichienne.

  10. 1830 Le royaume de Belgique

    La Belgique devient indépendante. Le livre en situera les racines dans l’unification des territoires bourguignons.

  11. 1918 Après les monarchies

    L’Autriche-Hongrie s’effondre. La branche autrichienne se maintient comme ordre de la maison de Habsbourg.

  12. Aujourd’hui Deux traditions

    En Espagne, l’Ordre est la plus haute distinction de la Couronne. En Autriche, c’est un ordre dynastique catholique, dont le trésor et les archives sont conservés à Vienne.

  13. 2029 Le livre

    Fin 2029, parution en six langues du livre d’histoire et de son édition spéciale.

  14. 2030 Six cents ans

    Sixième centenaire de l’Ordre, qui coïncide avec le bicentenaire de la Belgique.

La toison et le briquet

La toison rappelle la Toison d’or conquise par Jason, premier modèle de l’Ordre. Celui-ci lui donna ensuite un sens chrétien, en l’associant à la toison de Gédéon, au livre des Juges.

Le collier est une chaîne de briquets et de pierres à feu, à laquelle est suspendue la toison. Pièce d’acier qui fait jaillir l’étincelle du silex, le briquet porte la devise « Ante ferit quam flamma micet ».

Au Trésor impérial de Vienne, le collier de chevalier compte trente briquets, un par chevalier, et deux de plus pour le souverain.

Toison sculptée et dorée suspendue à une chaîne de briquets, dans un décor armorié.
Toison et briquets du collier dans des armoiries sculptées. Munich, église Saint-Michel.Image : Photo Jebulon, Wikimedia Commons, CC0

Devises

Autre n’auray
Devise personnelle de Philippe le Bon, écrite aussi « Aultre n’aray » : « Je n’en aurai pas d’autre ».
Ante ferit quam flamma micet
Devise du briquet et de la pierre à feu : « Il frappe avant que la flamme ne brille ».

Questions

Quand et où l’Ordre de la Toison d’or a-t-il été fondé ?

L’Ordre de la Toison d’or a été fondé à Bruges le 10 janvier 1430, à l’occasion du mariage de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, avec Isabelle de Portugal. Certaines sources donnent le 10 janvier 1429 : elles suivent l’ancien calendrier bourguignon, où l’année nouvelle commençait à Pâques. Le premier chapitre de l’Ordre se tint à Lille en 1431.

Qui a fondé l’Ordre de la Toison d’or ?

Philippe le Bon, duc de Bourgogne, a fondé l’Ordre de la Toison d’or en 1430. Il l’a placé sous le patronage de saint André, patron de la Bourgogne, et l’a également dédié à la Vierge. Le collier lui servait d’instrument diplomatique : il attachait la haute noblesse de ses terres à l’État bourguignon qu’il bâtissait.

Pourquoi parle-t-on de Toison d’or ?

Le nom de l’Ordre évoque la Toison d’or de la légende grecque, conquise par Jason et les Argonautes. Jason en fut le premier modèle. La toison reçut ensuite un sens chrétien : elle renvoie aussi à celle de Gédéon, au livre des Juges, signe de la faveur divine. Une toison d’or pend au collier de chaque chevalier.

À quoi ressemble le collier de la Toison d’or ?

Le collier de la Toison d’or est une chaîne d’or faite de briquets et de pierres à feu, à laquelle pend une toison d’or. Le briquet, qui fait jaillir l’étincelle de la pierre, s’accompagne de la devise « Ante ferit quam flamma micet » (« Il frappe avant que la flamme ne brille »). Au Trésor impérial de Vienne, un collier de chevalier compte trente briquets, un par chevalier, et deux pour le souverain.

Combien de chevaliers l’Ordre comptait-il à sa fondation ?

À sa fondation, l’Ordre de la Toison d’or comptait 24 chevaliers outre le souverain ; certains historiens retiennent toutefois le souverain et 23 chevaliers. Leur nombre fut porté à 30 en 1433. En 1516, Charles Quint le porta à 50, outre le souverain. Ces effectifs sont fixés par les statuts, donnés pour la première fois à Lille en 1431.

Pourquoi l’Ordre compte-t-il deux branches ?

Charles II d’Espagne meurt sans descendance en 1700. Deux prétendants se disputent son héritage et, avec lui, la souveraineté de l’Ordre : Philippe V de Bourbon et l’archiduc Charles d’Autriche, futur empereur Charles VI. À la suite de la guerre de Succession d’Espagne (1701–1714), l’Ordre se divise en une branche espagnole et une branche autrichienne. Toutes deux existent encore.

Qui dirige aujourd’hui chacune des branches de l’Ordre ?

La branche autrichienne de l’Ordre de la Toison d’or a pour souverain le chef de la maison de Habsbourg. C’est un ordre dynastique catholique, dont le trésor et les archives sont conservés au Trésor impérial de Vienne. La branche espagnole a pour souverain le roi d’Espagne. Elle constitue la plus haute distinction de la Couronne, décernée à la manière d’un ordre du mérite.

Qu’est-ce que le 600ᵉ anniversaire de la Toison d’or ?

L’année 2030 marquera les six cents ans de la fondation de l’Ordre par Philippe le Bon, à Bruges, en janvier 1430. Ce sera aussi l’année du bicentenaire du royaume de Belgique. Un livre d’histoire, « L’Ordre de la Toison d’or. Six siècles d’histoire européenne (1430–2030) », est en préparation pour l’anniversaire.

Quand paraîtra le livre sur l’Ordre de la Toison d’or ?

Le livre consacré à l’Ordre de la Toison d’or est en préparation et paraîtra à la fin de 2029, à la veille du sixième centenaire, en 2030. Sous la direction de René Vermeir (université de Gand) et de Sonja Dünnebeil (Académie autrichienne des sciences, Vienne), il comptera environ 400 pages, 15 essais d’une vingtaine d’historiens et près de 400 illustrations. Une édition spéciale verra le jour au même moment.

En quelles langues le livre paraîtra-t-il ?

Le livre sur l’Ordre de la Toison d’or paraîtra simultanément en six langues : allemand, anglais, espagnol, français, néerlandais et hongrois. L’édition spéciale, qui y joindra le fac-similé du manuscrit de 1473 des statuts et de l’armorial de l’Ordre, sera elle aussi proposée en six éditions linguistiques. Livre et édition spéciale sont attendus pour la fin de 2029.

Portrait de l’empereur Maximilien Iᵉʳ portant le collier de la Toison d’or.
Maximilien Iᵉʳ, souverain de l’Ordre dès 1477, portant la toison. Bernhard Strigel. Vienne.Image : Photo Yelkrokoyade, Wikimedia Commons, public domain
Deux gisants dorés couchés côte à côte dans le chœur d’une église.
Tombeaux de Charles le Téméraire et de Marie de Bourgogne, ornés du collier de l’Ordre. Bruges, église Notre-Dame.Image : Photo Rainer Halama, Wikimedia Commons, public domain